44 Jours - David Peace

   Un verre, une clope. Une victoire, une défaite. Derby County, Leeds. Le paradis et l’enfer. 44 Jours de purgatoire pour le plus grand entraîneur anglais de l’histoire du football.

Cloughie, Cloughie, Cloughie.


« Réfléchissez, je reprends, à toutes les fois où Leeds a manqué le titre « de justesse » ou perdu « de justesse » une finale de coupe. Vous savez pourquoi ? Je vais vous expliquer pourquoi. Parce que toutes les équipes qu’ils rencontrent, chaque fois qu’ils jouent, détestent Leeds, méprisent Leeds. Ce lundi soir à Molineux, devant cinquante mille de leurs supporters, il était impossible que les Wolves ne donner pas tout face à Leeds, impossible qu’ils balancent le match; impossible, parce qu’ils détestent Leeds United, qu’ils méprisent Leeds United (…) Parce qu’il n’y a pas une équipe d’Europe, qui n’a pas envie de battre Leeds United et Don Revie. Pas une. Elles rêvent toutes de jouer contre Don Revie et Leeds United, de battre Don Revie et Leeds United. Je ne rêve que de ça : jouer contre Don Revie et Leeds United, battre don Revie et Leeds United… Vous seriez comme moi, Mehmet, si vous étiez à ma place. (…)


– Mais vous êtes manager de Leeds United, maintenant , n’est ce pas, monsieur Clough ? »


   Nous parlons là d’une des plus belles époques de la Première League. Une époque où Bill Shankly régnait sur Liverpool, George Best sur Manchester United, Don Revie sur Leeds,  C’est à cette époque qu’un jeune enfoiré égocentrique a, plus par dépit que par choix, fait explosé tout les codes et les convenances du football anglais. Voici l’histoire d’un homme torturé, passionné, un entraîneur aussi redouté que respecté, mais surtout très talentueux. Brian Clough est un cocktail détonnant qui ne laisse pas indiffèrent. Particulièrement fâché avec les bonnes manières, l’homme croit au football comme on croit en Dieu, et il se sait prophète.

   Récits croisés de ses années à Derby County et à Leeds United, le style David Peace est foudroyant et n’épargne personne. Le travail est tel sur chacun de ses livres qu’il s’approprie les personnages. On sent la pluie et le brouillard. Les regards mauvais, la tension et la haine. On ne peut ressortir indemne des livres de David Peace, ceux-ci vous inspirent et vous font changer votre façon de voir le football, et plus globalement, la nature humaine.

   Verres après verres. Clopes après clopes, Défaites après défaites. Victoires après victoires.  Matchs après matchs. Joueurs après joueurs.  Pages après pages. David Peace est un très grand romancier, et il est difficile de rester insensible devant autant de génie.


S.P
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