Marco Pantani a débranché la prise - Jacques Josse


Marco Pantani, c’est une «gueule» du cyclisme. La boule à zéro, l’anneau à l’oreille, le bandana, et le regard de celui qui veut vaincre. À tout prix.



« Un jour avec tous les pirates, tu reviendras crier vengeance. Le bandana sous les étoiles, pour réduire Rimini en cendres. » Rimini – Les Wampas


Petit enfant d’Italie, un des meilleurs grimpeurs de l’histoire du cyclisme, le prodige de Cesena fût foudroyé une première fois le 5 juin 1999, il ne s’en remettra jamais. Nous non plus. Dopages. Mensonges. Trahisons. Drogues. Le cyclisme professionnel est une mer impitoyable, même pour le plus grand des pirates.

Jacques Josse nous immisce dans la vie de Marco Pantani par de courts chapitres à la manière d’ Eduardo Galeano de « football ombre et lumière ». C’est en quelques lignes que les étapes de la vie tourmentée de Marco Pantani nous sont contées. La brièveté des chapitres ne fait qu’accentuer l’effet « Pantani », éphémère dans l’histoire du cyclisme, mais éternel dans toutes nos mémoires.

  De tous les hommages que l’on pourra écrire, jamais aucun ne pourra mieux représenter la douleur et la tristesse qu’évoque Marco Pantani que les Wampas et leur « Rimini ». Jacques Josse l’a bien compris, et c’est pourquoi son livre nous touche. Le récit est très factuel, l’émotion est ailleurs. Cela fait bientôt 10 ans que j’écoute « Rimini » en boucle en ayant les larmes aux yeux. Après avoir lu le livre de Jacques Josse, je comprends pourquoi. Alors merci, Jacques.

« Le dimanche 7 juin, quand il descend du podium à Milan, les bras chargés et les larmes aux yeux, il ne sait que dire à tous les micros qui se tendent. Il leur tourne ostensiblement le dos. Près de lui, Felice Gimondi, qui s’est faufilé au milieu de la foule massée sur la Piazza Duomo, le félicite et lui donne une longue accolade. Dans la soirée, Gino Bartali, 84 ans, décroche son téléphone pour lui avouer que son culot, sa fougue, sa fantaisie et ses belles envolées dans la montagne lui ont permis de rajeunir de quelques décennies. Celui que l’on surnomme Le Pieux (trois Giro à son actif) le remercie et promet de le suivre à la télévision, dans la fraîcheur de son salon, à Ponte a Ema, tous les après-midis de juillet. »

S.P
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