Parlons Vélo - Marc Madiot / Mathieu Coureau

Entretien avec un passionné du vélo.


Département de la Mayenne, Laval. On se met en selle, on prend la départementale D771, et l’on arrive à Renazé, entre Bouchamps-lès-Craon et Grugé-l’Hôpital. Fief de Marc Madiot, fils et petit-fils de paysan. Le petit Marc a grandi avec des hommes usés par de durs labeurs pour finir à trinquer avec Ocaña et Merckx et déjeuner en tête à tête au restaurant avec Nicolas Sarkozy. 


« Je suis champion de France (…). Tu avais le drapeau tricolore, ton nom, et le drapeau européen de l’autre côté, alignés. Moi, tous les jours, j’ai arraché ce drapeau européen. Tous les jours. On n’avait pas dit oui à l’Europe, on n’avait pas dit oui à Maastricht et de toute façon j’allais voter contre. »


   Dans « Parlons Vélo », Mathieu Coureau donne la parole à l’un des acteurs majeurs du cyclisme français depuis plus de 30 ans. Coureur cycliste professionnel, équipier de Laurent Fignon et de Bernard Hinault, Marc Madiot est aujourd’hui et depuis 1997 directeur sportif de l’équipe cycliste professionnelle FDJ.

« J’ai connu la fin des amphétamines. Au début des années 60, les coureurs allaient chez le droguiste du coin et ils achetaient une  boîte de Captagon comme ça, c’était en vente libre. »

   Attaché à sa Mayenne natale, l’homme n’a pas sa langue dans sa poche et s’étend  avec passion sur toutes les anecdotes qui ont ponctué sa vie sportive. Faire partie d’une mafia, gagner Paris Roubaix, être champion de France, ou encore courir pour Renault. "Découvreur de talent" , comme les espoirs français Thibaud Pinot et Nacer Bouhanni, Marc Madiot se veut aussi protecteur des petits tours comme le Cholet Pays de Loire, qu’il considère comme faisant partie intégrante du patrimoine français. Fervent défenseur d’un cyclisme à la française, c’est le récit d’un homme simple attaché à ses valeurs. Un livre à la mesure de l’amour qu’il porte à la France et au vélo.

« Le Tour a pris une place trop importante, à mon avis, au niveau du business. Tu mets tout sur trois semaines, donc ça crée des tensions, et ça dévalue, surtout, le reste de la saison. C’est un peu dommage, tout de même. Beaucoup de coureurs ne jurent que par le Tour. Les classiques, qui demandent du travail, de l’implication, de l’expérience, ont moins d’importance à leurs yeux. Tu gagnes une étape dans le Tour, tu es connu du monde en cinq minutes. Mais c’est assez artificiel, le Tour. On n’y fait pas d’affaires. On prend des contacts, éventuellement. Le tour, ça  croise, ça brasse, ça braille. Et il n’en ressort pas toujours grand-chose.»


S.P

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