Entretien avec Vincent Duluc pour Un printemps 76



   Un printemps 76 c'est le livre d'une génération. Celle qui a connu Manufrance et Modes et travaux, une époque où Bernard Lavilliers et Mike Brant rythmaient les samedi soirs. Le printemps 76 c'est aussi l'époque où l'AS Saint Etienne était en finale de la coupe d'Europe, Vincent Duluc avait 14 ans en 1976. 

  Aujourd'hui, et depuis plus de 20 ans, il travaille à la rubrique football du quotidien l'Équipe. Un printemps 76 est son deuxième roman. Il a accepté de prendre quelques minutes pour nous parler de littérature sportive. 




" Un jour enfin je suis allé à Saint-Étienne. Je n'ai sans doute pas besoin d'une photo pour le savoir. Puisque l'Europe entière m'a accompagné, le sentiment est venu que la vie commençait, qu'il suffisait d'ouvrir la porte."


"Un printemps 76" nous propose un retour vers une des plus belles époques du football français, comment vous est venu ce sujet ?


   Après l'histoire de George Best dans Le cinquième Beatles aux éditions Stock, l'éditeur m'a demandé d'écrire un deuxième livre  dans la même veine avec un décor sport, tout en étant plus personnel. Un printemps 76 c'est un sujet au croisement de tout ça.  Au début, je me suis dit que j'allais rencontrer plein de gens. J'avais fait une liste de 50 personnes, et au bout de 4/5 je me suis rendu compte que ce que les gens me racontaient n'était pas très intéressant, donc je me suis plongé dans les archives à la bibliothèque, des articles régionaux, des reportages.

Pourquoi avoir publié chez Stock et pas chez Solar, votre éditeur historique ?



   Ce n’est pas du tout la même chose, Solar c'est clairement une maison d'édition d'albums. La différence entre Solar et la collection bleue de chez Stock qui a été crée par Jean-Marc Robert, c'est que celle-ci a une ambition littéraire que Solar n'a pas. Je continue à travailler pour Solar, et je les aime beaucoup, mais ce n’est pas du tout la même chose. Il faut de la place pour tout. Ce qui est paradoxal, et là ça change un peu avec un printemps 76, c'est que Le cinquième Beatles était toujours rangé entre l'année du football et les séances d'entraînement pour les gardiens de but. On peut essayer de faire émerger la littérature sportive, je demande que ça au contraire. Maintenant il faut être lucide, il n'y a quasiment pas de marché pour ça.

"Je regardais les filles en baissant les yeux, parce que j'étais timide, un peu, et parce qu'elles étaient plus grandes que moi, beaucoup, mais à baisser les yeux on tombait sur des paysages troublants qui faisaient rougir."



Ai-je tords en disant que le cinquième Beatles et Un printemps 76, sont les deux premiers tomes de l'oeuvre autobiographique de Vincent Duluc ?



   On va dire qu'il y a une partie d'autofiction comme c'est le courant actuellement en France. Il y a plus de moi dans le deuxième que dans le premier. Si quelqu'un achète le livre pour savoir comment Saint Etienne a éliminé le Dynamo Kiev puis avant les Rangers et le pSv Eindhoven, il se trompe. Mais en revanche, si c'est pour avoir une idée de ce que c'était d'être ado et d'aimer le foot dans les années 70, là on est dedans.

Avez-vous déjà un autre livre en projet ?

   Oui, un livre sur les sélectionneurs de l'équipe de France en mai.


Quels sont vos classiques en littérature sportive ?


   Je vais citer comme tout le monde Eduardo Galeano, Nick Hornby. Je peux aussi citer l'autobiographie de Tony Cascarino. Une autobiographie fantastique. (Full time - the secret life of Tony Cascarino as told to Paul Kimmage )





S.P
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