Du bruit sous le silence - Pascal Dessaint

Grand coup de force que ce roman par écrit par Pascal Dessaint. Sorti en 1999, c'est le premier roman français dans le monde du rugby. C'est devenu au fil des ans, un classique de la littérature sportive. L'auteur mêle avec brio une intrigue maîtrisée, des dialogues acides et une immersion sans cliché dans le monde du rugby français. 

"On est à la maison, on a cet avantage, le stade est plein comme un oeuf, la foule se met à gronder, hurle, exulte, y'a intérêt à se montrer à la hauteur. Les bandas donnent le ton, créent une ambiance de corrida. Le sang va couler. On s'entend à peine respirer. De toute façon, un mec qui ne donne pas tout l'air qu'il a dans les poumons n'a rien à foutre sur le terrain."

Un lundi, Maurice Tamborero, demie de mêlée du racine Toulousin et star de l'équipe, se rend à son entraînement à vélo. Il n'atteindra jamais le terrain, fauché par une balle de Beretta sur la route qui le conduisait au centre d'entraînement. L'enquête va être confiée à Éric Verlande, commissaire de la ville de Toulouse, débarqué depuis peu du nord de la France. Il serai aidé dans son enquête par Benoît Terrancle, flic et ancien rugbyman. 

Du bruit sous le silence est un roman à deux voix où très vite les deux points de vue vont être confrontés afin de laisser au lecteur le plus grand angle de vision sur l'intrigue. Une certaine antipathie règne entre les deux hommes, on se laisse rapidement aller à un favoritisme malsain, prouesse scénaristique pour n'en citer qu'une. Si le rugby a une place centrale dans ce roman, c'est aussi et surtout la ville de Toulouse qui est un des personnages principaux. Elle est au coeur du roman, et pas simplement spectatrice du meurtre qui se déroule dans ses rues. 



À la fois, brutal, populaire et parfois cru voici un roman noir qui mêle à merveille deux psychologies bien distinctes. Une fois les deux personnages principaux cernés, le roman se lit rapidement, avides que nous sommes d'avoir le fin mot de l'histoire. L'auteur sème le doute pour mieux nous mener en bateau, et c'est réussi.

"Au rugby, il y a la notion de combat, et je peux vous affirmer que cela rend les gens humbles. L'humilité est le meilleur garde-fou à certains débordements que l'on pourrait craindre. La douleur, elle, resserre les liens. Si le bateau coule, ils seront tous à écoper, et il n'y en aura pas un qui jettera la pierre sur l'autre. Vous voyez, un joueur qui fait une faute, on ne l'accable pas, jamais. Tout comme on ne se moque jamais de l'adversaire.
- Je vais être sincère avec vous, monsieur Senet. Depuis que l'on m'a confié cette enquête, on essaie de me dire que le rugby serait comme une planète idyllique où régnerait la concorde, une planète merveilleuse où il n'y aurait jamais aucun problème et que, si d'aventure il y en avait, ça ne serait que pour le bonheur de tous... Ce que je sais, moi, c'est que souvent, dès lors que vous réunissez plus de deux personnes, quand bien même sont-elles animées du même esprit, liées par les mêmes intérêts, à plus forte raison quand elle le sont, eh bien, c'est la merde... L'homme demeure un homme, rugbyman ou non."

S.P

Partager sur Google Plus

A propos de lirelesport

    Commentaire Blogger
    Commentaire Facebook

0 commentaires:

Enregistrer un commentaire