Jours Barbares - William Finnegan

Jours Barbares est l'autobiographie de William Finnegan, grand reporter, aujourd'hui journaliste au New York Times et vouant un culte au surf depuis son plus jeune âge. Sport pour lequel il a parcouru le monde entier à la recherche de la vague ultime. 
Jours Barbares, Prix Pulitzer de l'autobiographie 2016 fait partie de ce genre de livre, rare et précieux, qui emporte tout sur leur passage.


"Un soir, longtemps après le coucher du soleil, alors qu'apparaissaient déjà les premières étoiles, j'ai surfé une vague qui s'est dressée puis a paru se recourber et s'éloigner du récif vers le large, ce qui était impossible. Le fond du mur brillait d'une obscure lumière verte bouteille tandis que sa crète écumait de blancheur. Tout le reste - sa face ridée par le vent, le chenal au-delà, le ciel - avait adopté diverses nuances bleu marine. Alors qu'elle se recourbait de plus en plus, je me suis retrouvé en train de voguer en direction du nord de Viti Levu et de la chaîne de montagnes derrière laquelle se levait le soleil. Pas possible, me soufflait mon cerveau. Continue."


Finnegan grandi entre la Californie et Hawaï, c'est là qu'il surfera ces premières vagues. Jeune déjà, il est passionné de littérature et se plonge rapidement dans les oeuvres de Joyce, Steinbeck, Mailer ou encore de la poésie William Carlos Williams et  Allen Ginsberg. S'inspirant de ses idoles, il écrit aussi déjà beaucoup. À l'âge de vingt ans, il a déjà sous le bras un manuscrit de 1000 pages qu'il a rédigé au court de ses pérégrinations à travers les mers du sud.






" Se trouver au milieu de grosses vagues a un côté onirique. Terreur et extase rôdent toutes deux ensemble, menaçant de submerger le rêveur. Une splendeur surnaturelle émane de la vaste arène d'eau mouvante, de ciel, d'une violence latente et explosions bien trop réelles. Ces scènes qui s'offrent à vous semblent déjà mythiques alors même qu'elles se déploient. Je suis toujours la proie d'une ambivalence féroce : j'aimerais être n'importe où ailleurs à cet instant et, en même temps, je n'aspire qu'à être ici."



Chronique d'une vie, des années 70 à aujourd'hui, Jours barbares  laisse la trace des changement sociaux et politiques dont l'auteur a été le témoin privilégié. Le corps meurtri par les vagues et l'âme chahutée par les voyages, le coeur rempli de souvenirs et de frayeurs. Loin de l'image des grands blonds bronzés amateur de vague et de jolie fille, Jours Barbares décrit le surf comme un sport violent ou l'homme se retrouve seul face à l'océan. Sa passion pour le surf forme la trame de ce livre, à la fois éloge de la vague et regard affûté sur l'essence de ce sport. 

S.P

Partager sur Google Plus

A propos de lirelesport

    Commentaire Blogger
    Commentaire Facebook

0 commentaires:

Enregistrer un commentaire